Vitrine d un magasin d antiquites – Pekin Chine 1957 © Fonds Marc Riboud au MNAAG

A l aeroport de Kaboul – Afghanistan 1955 © Fonds Marc Riboud au MNAAG

Rue Liulichang – Chine 1965 © Fonds Marc Riboud au MNAAG

Manifestation de soutien au Vietnam – Chine 1965 © Fonds Marc Riboud au MNAAG

MARC RIBOUD

L’ART DE TRAVERSER LE REGARD

 By : Mário de Castro

Si aujourd’hui un tour du monde en 24 heures n’a plus rien d’un exploit, on peut dire du photographe Marc Riboud (1923-2016) qu’il aura connu une époque, où la photo argentique et le noir et blanc, ont été indispensables pour la vision d’un monde, sans internet.

Explorateur de moments que seul il parvint à capter, en instantané, le temps d’un clic, le travail de Marc Riboud reste à jamais témoin d’un regard humain posé sur la société.

Il a écrit : « La photographie ne peut pas changer le monde, mais le montrer quand il change. »

Le monde virtuel dans lequel nous vivons, la rapidité et la facilité avec laquelle tout le monde photographie et se photographie, a cassé la curiosité naturelle, la surprise et la recherche de sensations que seules un œil avisé peut repérer.

Marc Riboud a toujours préféré la photographie qui garde un rapport avec le réel.

« Le déploiement du nombre des objectifs, des zooms, des téléobjectifs, qui est une surenchère,  n’a pas toujours entraîné de meilleures photographies. »

« On photographie devant la surprise, devant l’étrange, ou l’étranger, mais dès qu’on photographie les gens les plus proches, on sent naître un jeu, ou une obligation… »

« Je n’appelle pas le voyage le déplacement de Paris à Calcutta, ou de Paris à Phnom Penh. Ça c’est un transport en autobus aérien. (…) C’est d’être dans un endroit où l’on a coupé les amarres, les fils qui nous retiennent, pas seulement le fil du téléphone. »

Extraordinaire globetrotteur, Marc Riboud sait autant s’exprimer par ses photos que par ses mots :

« Les Français, on a envie de dire les choses, nous sommes des littéraires. Mais vous savez c’est visuel, ce sont des formes, on ne dit pas les formes. On les enregistre, le mieux possible. On chine, on regarde, et quand on trouve dans notre rectangle que l’on découpe dans la réalité quelque chose que nous aimons, on appuie sur le déclic. »

Le fonds de Marc Riboud figure désormais au Musée national des arts asiatiques-Guimet (MNAAG) où il va dialoguer avec les riches collections asiatiques du Musée.

Le Catalogue « Marc Riboud-Histoires possibles » est présenté au Musée national des arts asiatiques-Guimet, au cours de l’exposition qui a lieu du 16 décembre 2020 au 3 mai 2021.

 

www.guimet.fr

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